Commémoration

16 août 2021 : 77ème anniversaire de la Libération de St-Julien

St-Julien a été libérée le 16 août 1945.

1ère ville de Haute-Savoie libérée de l’occupation nazie par les seules forces unies de la résistance, Saint-Julien a commémoré le 77ème anniversaire de la libération de la Ville le lundi 16 août à 9h30 au monument aux morts (Place du Général de Gaulle).

 

Discours de Mme le Maire :

 
Monsieur le Conseiller Régional,
Mesdames et Messieurs les Elus,
Mesdames et Messieurs les Porte-Drapeaux
Mesdames et Messieurs les représentants des Anciens Combattants,
Mesdames et Messieurs les représentants de la Gendarmerie,
Mesdames et Messieurs les représentants des Pompiers,
Mesdames et Messieurs,

Chères Concitoyennes, chers Concitoyens,

77 ans après la libération de Saint-Julien-en-Genevois, nous sommes réunis en ce jour anniversaire pour rendre hommage aux femmes et aux hommes qui se sont unis dans l’ombre et au péril de leur vie afin de mettre un terme à l’occupation allemande dans notre commune et dans notre département.

L’histoire de la libération de Saint-Julien-en-Genevois est singulière et symbolique : notre commune fût la première ville libérée par les armes de Haute-Savoie. Cette libération nous ne la devons pas à l’intervention directe de forces extérieures mais aux résistants du territoire qui lancèrent l’attaque le 16 août 1944 au petit matin, le lendemain du débarquement allié en Provence dans un contexte où la violence de l’occupant devenait intenable aux abords des frontières.

C’est dans l’unité que les différents courants de résistance passèrent à l’attaque sous le commandement de Pierre Ruche.

Les forces ennemies étaient retranchées dans les hôtels de la commune. Pendant 12 heures, les tirs nourris, le bruit des grenades, marquèrent Saint-Julien au fer rouge.
Les combats furent rudes à l’Hôtel Bellevue situé près de la douane de Perly. Les allemands finirent par se rendre après qu’Édouard Borgognon eut mis le feu au rez-de-chaussée.

La Kommandantur était barricadée à l’Hôtel de France. Les résistants essuyaient les ripostes violentes des allemands qui refusaient de se rendre.
Guy Bouchet jeune résistant du corps franc breton y perdit la vie.

Pour limiter les pertes, il fût décidé de menacer l’occupant d’abattre les cinq gardes-frontières allemands faits prisonniers à la douane. Le camp ennemi se rendit alors.

A 17 heures, le 16 août 1944, Saint-Julien retrouva sa liberté.

Mais les résistants eux ne prirent pas le temps de célébrer cette victoire, ils partirent immédiatement donner main forte à leurs camarades dans les autres communes du département.

Abnégation, sens du sacrifice, courage et opiniâtreté, des femmes et des hommes si jeunes pour certains menèrent une longue bataille contre l’innommable et l’insoutenable. La libération de notre Commune fût possible grâce à l’organisation de la résistance pendant les années les plus sombres : un engagement dans l’ombre où la vie ne prenait sens qu’à l’aune de la nécessaire liberté à retrouver. « Vivre libre ou mourir » !
Sabotages, passages clandestins, informations secrètes qui transitaient par les agents de liaison – Autant d’actes héroïques qui rythmèrent le quotidien de notre commune pendant les années de guerre, dans le silence et sous le manteau.

Parmi ces tout jeunes gens héroïques, qui ont su dire non à l’exaction, non à l’arbitraire, non à la privation de la liberté, non à l’avenir dans la nuit : Atry, Bouchet, Chapoulade, Cons, Delcour, Dufour, Duparc, Echasson, Falda, Fivel, Haag, Hurault, Lacroix, Ladoy, Mathieu, Mégevand, Rosay, Ruche, Schmidt et bien d’autres restés dans l’ombre.
Je souhaite rendre un hommage particulier à l’un d’entre eux que nous avons perdu avec tristesse récemment : Jacques Pinsard.

Dès mars 1943, Jacques Pinsard pris contact avec le poste de commandement de Pierre Ruche. Il n’avait que 16 ans. Il fût agent de liaison en mission avec Melchior de Cruseilles et le corps franc dirigé par Boitard à Dingy-en-Vuache.

Le 6 juin 1944, il fût nommé agent de liaison attaché au PC de Ruche pour les camps de Vuache et du Mont Sion. Il participa aux opérations de parachutage des Glières et à la libération de Saint-Julien. Il continua ses missions dans le secteur de Gex du 17 au 20 août 1944.
Il fût ensuite affecté au bataillon Vincent, en protection de la Sous-Préfecture de Saint-Julien occupée par la résistance sous la direction de Paul Aubry puis de Marcel Rizet, puis du nouveau Sous-Préfet. Puis il rejoignit une unité d’aviation en novembre 1944.

La Commune de Saint-Julien-en-Genevois rendit hommage à son courage et à son action en le distinguant en tant que citoyen d’honneur en 2016.
Souvenons-nous aujourd’hui de l’engagement de toutes ces femmes et de tous ces hommes.
Un idéal les habitait : celui de la liberté, non pas pour soi-même mais pour toute une nation, tout un peuple ! Une liberté collective.
Beaucoup payèrent un lourd tribut par la mort, la déportation.

Rappelons-nous… Quelques mois avant la libération, l’occupant fit une rafle le 9 juin 1944 à Saint-Julien. Les allemands avaient massé les prisonniers au Collège de la commune. Les familles des personnes s’étaient regroupées devant l’édifice. Certains de ces prisonniers furent amenés au PAX à Annemasse, pour y être interrogés, torturés et écroués.

Notre devoir de mémoire en ce jour honore le passé mais pour mieux envisager l’avenir. Nous héritons d’une liberté durement conquise, nous vivons dans une société démocratique qui demeure somme toute fragile.
C’est dans l’unité que nous devons défendre en toutes circonstances les valeurs de la République : la Liberté, l’Égalité, la Fraternité.
Notre vigilance doit toujours être en exergue pour vivre pleinement dans notre République une et indivisible avec pour chacun d’entre nous des droits et des devoirs, cet équilibre essentiel à l’intérêt général.